RAW mon amour.

« Certains photographes ne se rendent pas compte qu’ils se tirent eux-mêmes une balle dans le pied. Quand une photo est plus belle que la page de pub placée à côté, c’est délirant. »

Et paf ! Elle fait mal cette petite phrase de Jean-François Leroy, fondateur et directeur de Visa pour l’Image.

Après être tombé sur cet article du site Le Monde de la Photo, « l’affaire » Klavs Bo Kristensen m’est revenu en tête. Souvenez de ce photographe dont la photo a été éliminée d’un concours car trop « post-traitée » d’après l’avis du jury.

Sans parler des photo-montages (dont la polémique la plus récente à ma connaissance, est la photo de Adnan Hajj pour l’agence Reuters), les « exagérations » du post-traitement ont depuis les débuts de l’ère numérique, interrogées sur la frontière entre photographie et graphisme.

En argentique, il existe le photographe/tireur – comme la plupart des amateurs – ou le photographe et son tireur, certaines fois attitrés. Deux métiers se distinguent bel et bien avec leurs artistes respectifs. En numérique, la « frontière » est bien plus difficile à poser et ces métiers me semblent avoir subis des mutations.

Le photographe développe son fichier RAW, puis peut y travailler des zones comme le tireur expose et/ou masque sous l’agrandisseur puis le tirage en bout de chaîne. Mais, les outils apportés pour ces travaux ont fait naître le « graphiste/retoucheur » qui vient bousculer notre Tireur ! Alors où se finit le développement ? Où commence la retouche ?

Cependant, je peux comprendre certains agacements de J-F Leroy que rapporte B.Favier en citant Haïti où en même temps que des images grises, crues, il reçoit des clichés travaillés, aux ciels « violets et roses » ».

Alors, doit-on juste développer son fichier RAW puis ne plus y toucher ? Peut-on encore intervenir sur le tiff pour y appliquer des masques, voire mettre quelques un coups de pinceau pour finaliser le tirage comme le fait un tireur en argentique ?

ID11 ou D76, une Tmax 400 poussée à 3200, HP5+ ou Tri-X, etc… En argentique, ne commence-t-on pas un « pré-traitement » dès ces choix ?

De plus, en lisant les réactions des intervenants sur cet article de Benjamin Favier, j’ai appris qu’en photo animalière, le fichier RAW était souvent demandé alors pourquoi pas en photo-journalisme… Et pourquoi pas ailleurs ?

Oui, ok, on tuerait le débat RAW ou JPEG…mais bon !

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